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Le thème de cette semaine :
Des vies imparfaites et des actes manqués...
Avec Jean-Paul Dubois (Chacun), Véronique Ovaldé (Vivre sans bonheur et n'en point dépérir), Louise Chennevière (Faire la peau), Rachida Brakni (La part absente), Marie Colombe (Le bruit du melon qui explose) et Joyce Carol Oates (Lettres à mon biographie et Frénésie). |

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Véronique Ovaldé « Vivre sans bonheur et n'en point dépérir » (Flammarion)
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"Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme "miss martyre". Ses belles-soeurs continuent de lui dire gentiment et sottement "tu es une vraie sainte". Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ?" Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie.
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Jean-Paul Dubois « Chacun » (Éditions de L'Olivier)
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Cela fait deux ans que Rose, la femme de Paul, a disparu. Deux ans que Paul guette son retour en relisant les rares lettres qu'elle lui envoie (mais est-ce vraiment Rose qui les a écrites ?). La dernière a été expédiée de Chine. Paul décide de partir à sa recherche. En attendant, il écoute ses disques favoris (Lou Reed, Stevie Wonder), se dispute avec Lothar, son frère jumeau, tombe amoureux d'Alma, sa belle-s½ur, et insulte mentalement Donald Trump, « l'Homme à la peau de cartable » dont il suit jour après jour les propos aberrants. En congé de l'hôpital qui l'emploie, il finit par reprendre le travail et se trouve confronté à un patient porteur d'une malformation cardiaque extrêmement rare, le syndrome de Brugada. Mais c'est à Barcelone que son destin va finalement se nouer. Comment rester fidèle à ceux que l'on a aimés ? Et « jusqu'au bout tenir debout » ? A bord de sa moto Royal Enfield Interceptor 736 cc, Paul fonce sur la route qui le ramène à Toulouse. Nous sommes le 26 février. La radio annonce le début de la guerre. Avec ce nouveau livre foisonnant, Jean-Paul Dubois retrouve la verve romanesque d'Une Vie française et conduit son héros favori sur le chemin d'une possible rédemption. Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi, le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française, le prix Vialatte pour Le Cas Sneidjer, ainsi que le prix Goncourt en 2019 pour Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon.
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Rachida Brakni « La part absente » (Stock)
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« Voilà près de vingt-cinq ans que j'ai troqué la lettre M pour la transformer en N. KARIMA/KARINA. Six lettres parmi lesquelles une seule joue les trouble-fêtes, ne convoquant ni le même imaginaire ni les mêmes fantasmes. » Quelle femme se cache sous l'allure parfaite de Karina Leroy, mariée à Vincent, mère d'une adolescente, et à la tête de sa propre galerie d'art ? Et si Karina s'appelait Karima ? En tronquant la lettre M, elle a dynamité le seul pont en mesure de la relier à l'autre rive de la Méditerranée. Ainsi affranchie de la charge sociale et raciale, elle a acquis une forme de liberté. Même si la honte d'avoir usé d'un tel stratagème ne l'a jamais quittée. Le jour où ce qu'elle a construit dans le mensonge se fissure, elle est rattrapée par les blessures de l'enfance et celles de la guerre d'Algérie. Face aux soubresauts de l'Histoire, chacun devra explorer sa part absente.
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Louise Chennevière « Faire la peau » (P.O.L.)
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Je dis que l'une des plus tenaces fictions tient tout entière dans ce mot, mère. Que la haine qui circule entre les mères et leurs filles est sauvage, et qu'il faut la regarder droit dans les yeux.
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Marie Colombe « Le bruit du melon qui explose » (Au Diable Vauvert)
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Rêvant de romance, de mots rares et de rejoindre la France de ses origines, Mila a grandi dans un hôtel à New York entre June, mère flamboyante et louve de la finance aussi absente que toxique, et Lupita, nounou-confidente réjouie à l'accent colombien irrésistible. L'équilibre acrobatique de leur American Dream va valser pour de bon avec la crise des subprimes de 2008, retournant leurs vies comme des chaussettes, jusqu'aux confins de la pampa provençale. Parfum de catastrophe générale pour l'épopée de ces trois femmes prises dans la tourmente du capitalisme sauvage : la débâcle n'a jamais eu autant de panache ! Marie Colombe est une autrice et poète franco-italo-colombienne d'origine Quillacinga et Incas. Elle vit de sa plume qu'elle prête au cinéma, à l'audiovisuel, et aux artistes. Le Bruit du melon qui explose est son premier roman.
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Joyce Carol Oates, Claude Seban « Lettres à mon biographe » (Philippe Rey)
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Parution : 1er octobre. Une plongée rare dans l'intimité de l'une des plus grandes écrivaines de notre époque, à travers une sélection de lettres adressées à un ami proche, retraçant trente et une années de littérature, d'écriture et d'amitié. En 1975, Joyce Carol Oates reçoit une lettre de Greg Johnson. L'écrivaine a alors trente-sept ans et enseigne à l'université de Windsor dans l'Ontario. Lui est étudiant à l'université de Dallas. Très vite, elle lui répond, initiant une correspondance fournie et régulière. S'est nouée entre eux une amitié qui perdure encore aujourd'hui. Cette sélection de lettres de Joyce Carol Oates retrace trente et un ans d'échanges épistolaires (1975-2006). Établie et commentée par Greg Johnson, lui-même écrivain, elle donne accès à l'intimité de l'autrice, nous fait partager ses doutes, ses émois, ses épreuves. On y lit les soubresauts de la politique américaine, ses répercussions sur la psyché d'Oates, tandis que son ½uvre littéraire grandit. On y découvre également les inspirations et les rencontres jalonnant sa trajectoire : Toni Morrison, Jeanne Moreau ou encore Stephen King sont autant de personnalités qui composent en filigrane des décennies de travail à la table d'écriture et de participation à la scène culturelle internationale. Une réflexion lucide sur les relations humaines, la littérature, les multiples facettes de la vie, qui expose, souvent avec humour, une dimension inédite du talent de l'autrice. Joyce Carol Oates lève ainsi le voile sur son quotidien de femme, d'épouse, de fille, et nous fait entrer dans l'atelier de l'une des plus grandes écrivaines de notre temps.
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Joyce Carol Oates, Christine Auché « Frénésie » (Philippe Rey)
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Parution : 1er octobre. Avec ces neuf nouvelles à l'écriture ciselée, Joyce Carol Oates dissèque les peurs les plus profondes de ses personnages pour mieux révéler les nôtres et les faux-semblants de nos vies. Brianna rejoint Cassidy pour un week-end romantique au Cape May. Elle n'a pas encore vingt ans, lui est bien plus âgé et marié. Dans le huis clos du véhicule qui longe l'océan, Cassidy ressent pour sa maîtresse un agacement croissant. Pendant qu'il se remémore un épisode de frénésie alimentaire auquel il a assisté il y a longtemps - des milliers de poissons en proie à un appétit insatiable, qui s'entredévoraient -, Brianna garde un silence troublant... Les neuf nouvelles de ce recueil explorent l'amour ravageur, quand le désir et la domination se confondent. La jalousie d'une adolescente à l'égard de sa cousine grandit à mesure que celle-ci se voit entourée des soins de leurs proches, depuis qu'une " chose grave " a poussé dans sa mâchoire. L'accident de vélo d'une fillette hante sa famille durant des décennies, sans que personne en comprenne les véritables raisons. Une veuve, seule en son immense demeure, reçoit inopinément la visite de son mari décédé. Un homme rejoint un monastère bouddhiste, abandonnant sa récente épouse, qui se lance désespérément à sa recherche. Et ce qui devait être une simple promenade vire au malaise lorsqu'un randonneur découvre un couple en pleine crise au milieu des bois. Il suffit d'une rencontre, d'un faux pas ou d'une envie refoulée pour que nos vies basculent. Avec une ironie mordante, Joyce Carol Oates dissèque les pulsions humaines et entraîne le lecteur jusqu'au point de non-retour.
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Dans les précédentes émissions |
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François Cheng « On aurait pu se rencontrer » (Albin Michel)
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Tout commence, pour François Cheng, par le don d'un tableau que lui fait un jour Léopoldine Hugo, artiste et descendante directe de Victor Hugo. Un tableau et un prénom qui lui évoquent irrésistiblement cet endroit de la Seine à Villequier, en Normandie, où s'est noyée la fille du poète, également prénommée Léopoldine. Une perte qui a fracassé la vie de Hugo et lui a inspiré ses Contemplations. Réinterprétant en profondeur ce recueil, François Cheng, qui vient de perdre son épouse après soixante ans de vie commune, reconnaît en Hugo le maître de la « voie orphique » dans laquelle lui-même s'inscrit. Il a tenu à accompagner seul cette épouse bien-aimée atteinte de la maladie d'Alzheimer, jusqu'à l'issue finale. À travers le récit bouleversant de ce chemin, il se fait le témoin du « royaume » qui unit la vie et la mort en une réalité transfigurée.
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Eric-Emmanuel Schmitt, Pierre Assouline, Abdennour Bidar « Un juif, un chrétien, un musulman : fraternels ou fratricides ? » (Albin Michel)
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Peut-on encore se parler quand tout semble nous séparer ? Au printemps 2025, Éric-Emmanuel Schmitt, Pierre Assouline et Abdennour Bidar ont choisi de s'écrire. Trois voix, trois traditions, une même question : que reste-t-il de la fraternité entre juifs, chrétiens et musulmans ? À l'heure des crispations identitaires, cette correspondance rappelle une évidence fragile : on ne naît pas ennemis, on le devient. Et si la fraternité pouvait renaître d'un geste devenu courageux, reprendre le dialogue ?
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Sibylle Grimbert « La grande interruption » (Seuil)
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Quand Josépha se réveille, tout est déjà fini. Immobile sur une colline, elle contemple l'effondrement du monde parfait que les boîtes, ses semblables, ont créé lorsque, parvenues au stade suprême de l'intelligence artificielle, elles ont décidé d'arracher la Terre aux ravages de l'humanité. Pendant des siècles la nature a repris ses droits et les derniers humains ont connu une douce torpeur confinés dans les villes où Josépha et les siennes les ont isolés. Jusqu'à ce que le système se dérègle. Soudain, une enfant de 11 ans s'approche, Nadine, la seule survivante de sa communauté. Ensemble elles décident de partir, Nadine espérant retrouver d'autres rescapés et Josépha pouvoir résoudre ce terrible dysfonctionnement. Commence un voyage qui va les entraîner dans un monde suspendu entre deux destinées possibles, celle que les boîtes avaient imaginé pour la Terre et les vieux rêves humains, lourds de grandeurs et de menaces, qui brillent déjà dans les yeux de Nadine. Après Le Dernier des siens, Sibylle Grimbert surprend à nouveau en prolongeant dans ce roman son exploration de la crise du vivant. Entre conte de fées malicieux et roman postapocalyptique - comme si La Route de Cormac McCarthy était raconté par Lewis Carroll -, elle crée un monde qui nous amène aux frontières mêmes de notre humanité. Sibylle Grimbert est romancière, éditrice et traductrice. La Grande Interruption est son douzième roman.
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Pascal Chabot « Nos vies encapsulées » (PUF)
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Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, espace clos et protégé, connecté au surconscient numérique et régi par les règles de la transaction. Nous vivons désormais dans un objet technique total, une capsule dont la nature est exclue. Elle répond à un désir d'optimisation à l'oeuvre dans toute la société, qui a inversé l'esprit des Lumières. A la grande promesse d'autonomie et de technologie née avec la Modernité, succèdent aujourd'hui deux nouvelles logiques : la technonomie (la normativité technique) et l'autologie (le discours sur soi-même). Dans ce monde ambigu qui prend soin en aliénant, une autre aspiration fait surface : un désir de justesse. Comme dans la mythe platonicien de la caverne, la volonté d'aller vers le dehors est puissante, et se marque ici par le besoin de relations nouvelles. C'est un nouveau regard et une nouvelle culture. Comment faire converger optimisation et justesse ? Que désirons-nous devenir ? Quel destin dans nos capsules ?
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Sarah Tadlaoui « Croire au code » (Héloïse d'Ormesson)
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Dans la tour de banlieue où elle a grandi, elle a appris à coder. Sur les écrans et face au miroir, elle s'est programmée pour réussir. Aujourd'hui, dans la tour de verre où elle est recrutée, l'ascension promise lui résiste. Trop brillante ? Trop femme ? Elle va devoir arracher des conquêtes. Faire couler les données. Courber les chiffres. Devenir celle que tous attendent. Ses patrons, ses clients, ses parents, jusqu'à celui qui pourrait partager sa vie. Mais comment lutter quand l'ambition se transforme en code d'autodestruction ?
Entre syntaxe informatique et fragments poétiques, Sarah Tadlaoui signe un premier roman saisissant sur la langue qui écrit notre époque. Elle révèle la face cachée de l'algorithme et les failles d'un système où il ne faut ni preuve ni vérité pour gagner.
Sarah Tadlaoui est diplômée de l'université de Columbia, NY, elle a travaillé au sein de l'unité d'Intelligence Artificielle de Google. Croire au code est son premier roman.
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Colum McCann « Ce qui nous frôle sous la surface » (Belfond)
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Colum McCann explore notre capacité à nous relever après la chute, intime, politique ou artistique, dans une oeuvre poignante sur la solitude humaine, le désir de lien, le colonialisme moderne, le réchauffement climatique, l'engagement social et le désespoir de celles et ceux qui refusent de subir. Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats.
Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations. Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine. Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective...
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François-Henri Désérable « Le Palais » (Gallimard)
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Arun Kumar est doté d'un palais absolu, d'une mémoire des arômes si infaillible qu'elle confine au prodige. Ce don extraordinaire, il entend bien en faire l'instrument de sa revanche. Reste à découvrir comment. Et contre qui. Des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, des îles Marquises aux tours de Manhattan, François-Henri Désérable signe avec Le Palais un grand roman d'aventures sur le vin, portrait d'un génie hors la loi dont les crimes se dégustent.
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Catherine Meurisse « Le clan de Walden » (Dargaud)
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Nous sommes en 1845. Tous les Américains sont captivés par la société industrielle, esclavagiste et matérialiste florissante... Tous ? Non ! Un jeune homme, Thoreau, amoureux de la nature, philosophe en herbe, a décidé de faire un pas de côté. Construire une cabane au bord de l'étang paisible de Walden, dans le Massachusetts, vivre de peu, vivre à fond, cultiver un potager, tenter l'expérience de l'autosuffisance, écrire un journal, observer le vivant, voilà son programme. Autour de Thoreau gravitent des animaux peu farouches, bavards, fins connaisseurs de la terre qu'ils habitent et pas près de la céder aux humains. Au moment où tous comprennent que l'étang de Walden est menacé par la construction d'un barrage, Thoreau et ses amis humains et animaux se mettent en ordre de bataille. Le Clan est constitué. Son plan d'action sera explosif.
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Mathias Enard « Hôtel Balkan » (Actes Sud)
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Quel est le point commun entre Niort et Trieste ? Mathias Enard, bien sûr ! Lancé dans une descente en canoé de la Sèvre niortaise, la rivière de son enfance, l'auteur convoque la mémoire des fleuves ayant marqué sa vie autant que la grande histoire des Balkans. Une balade érudite et sensible qui nous entraîne sur les eaux du Danube ou de l'Isonzo, entre références historiques, souvenirs de voyages et réminiscences littéraires - de Proust à Danilo Kis en passant par Sontag ou Ungaretti. Avec, au coeur du récit, la figure de Sara, un amour de jeunesse rencontré au début des années 90 à Sarajevo, dont le souvenir hante l'écrivain.
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Sophie Divry « Rochebrune » (Actes Sud)
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Un couple en crise, accablé de deux enfants, décide de partir en vacances à la montagne pour ressouder les liens. Dès leur arrivée au village de Rochebrune, une menace rôde. Xavier maintient son projet d'alpinisme au mépris des alertes météo. Isabelle flirte avec le voisin pendant que les enfants fêtent Halloween. Quand la pluie redouble, et qu'une à une les digues physiques et morales cèdent, chacun doit faire face à son destin. Avec Rochebrune, Sophie Divry signe un roman haletant et plein d'humour, entre thriller, fable écologique et satire sociale.
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Elise Lespade « Paradisi gloria » (Le Cercle ouvert)
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L'histoire d'une famille provinciale, dans la France contemporaine, révèle une constellation de destins dévastés, minée par les traumatismes et les mensonges. Un premier roman époustouflant de puissance et d'ambition. Depuis la prison, la jeune Zoé Bromberg écrit à une certaine Isabelle, amie de son oncle, pour la prier de lui trouver un avocat. Afin de convaincre son ex-mari, ténor du barreau, de défendre l'accusée, Isabelle entreprend de lui raconter ce qu'elle sait - ou croit savoir - à propos des Bromberg. Et notamment la relation destructrice qu'entretiennent deux frères : Dimitri, l'aîné, pilote de chasse, père de Zoé, figure de domination et de violence, et Gaspard, le cadet, victime de son emprise. Peu à peu, les points de vue se déplacent, d'autres voix s'entrelacent et se succèdent. Se dévoile alors l'histoire d'une famille de petite bourgeoisie dans la France contemporaine, comme une constellation de destins dévastés, minée par les secrets, les traumatismes, les manipulations, et qui s'est complètement désintégrée à partir du jour où la mystérieuse et turbulente Alexis de la Paz, elle-même pilote virtuose, est arrivée pour épouser Dimitri. Avec ce premier roman d'une puissance et d'une ambition stupéfiantes, Élise Lespade nous précipite dans un tourbillon choral vertigineux, tragique et lumineux.
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Adèle Haenel « Viser juste » (L'Arche)
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Viser juste est le livre d'une vie, qui se saisit par l'écriture. Écrire et jouer, pour ressentir à nouveau, se réapproprier l'expérience sensible anéantie dans l'enfance, à travers la double forme d'une enquête et d'une méthode de jeu menée par l'autrice. Dans ce récit, l'autrice mène l'enquête : elle reconstitue des « scènes de crime », mises en perspective par le regard distancié du futur. « Seule mon obsession à comprendre me rappelle que c'est sur ma propre mort que j'enquête. » Depuis le on indifférencié de l'enfance, l'enfant objectivé par le traumatisme, accède peu à peu au je, fait corps avec son être par l'écriture. À travers cette analyse, Adèle Haenel recoud par la réflexion ce qu'elle a perdu en sensation, pour « redevenir l'habitante légitime de son propre corps », en faire le lieu d'une exploration sensuelle et politique de l'existence.
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Philippe Jaenada « L'inconnue du quai de Javel » (Flammarion)
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Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c'est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d'un roman de Simenon, mais l'inspecteur-chef Ferrière n'a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l'affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne. Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l'enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux - remonte le temps. Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s'inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur subjugué par la dextérité de son investigation et fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire.
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Lilia Hassaine « JE » (Gallimard)
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«- Que savez-vous de la beauté, Antoinette ? Il se tourna vers moi, suspendu à ma réponse. - Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là. - Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse. Quand je vois votre visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé.» Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s'éprend d'Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s'est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.
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Ananda Devi « Chronique d'un royaume perdu » (Grasset)
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Au Bouchon, petit village isolé de l'île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l'esclavage. La violence se mêle à l'amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres... Les cinq fondateurs viennent d'une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d'une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d'une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s'être liés d'amour et d'amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu'ils défendent d'un seul corps, puisqu'ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l'histoire de l'humanité se reproduit dans l'infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l'oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d'un Royaume perdu est le chef d'oeuvre d'Ananda Devi.
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Collectif « La Grande Évasion » (Buchet/Chastel)
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Depuis plusieurs années, une vague réactionnaire s'attaque à la culture. Ses victimes ? La presse, la radio, la télévision, les livres, le cinéma... Un collectif d'autrices et d'auteurs, issus pour la plupart des éditions Grasset, décide de ne pas se résigner face à la décapitation de cette maison. Pour raconter trois mois de rébellion inédite dans le monde de l'édition, ils ont écrit ce livre à 80 voix comme un acte de joie, un acte de résistance.
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